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Simon Hughes

Oeuvres de l'exposition

Les œuvres contemplatives de Simon Hughes ont certainement leur place au sein de l’histoire de l’art canadien, bien que leur classification en tant que paysage, art abstrait ou pop art demeure énigmatique. En fait, les œuvres de Hughes ne correspondent pas à ces critères. Elles représentent plutôt un mélange unique s’opposant à toute catégorisation. Dans sa nouvelle exposition, Hughes propose une méditation sur les montagnes et les cavernes, qui s’avère être à la fois personnelle et universelle dans sa portée. Il examine, à travers des références à l’histoire de l’art et à la culture populaire, le domaine intime qu’est le studio de l’artiste ainsi que les changements dans le climat social, politique et environnemental.

Dans une représentation grand format de son studio intitulée Black Studio #1, #2, #3, Hughes conçoit la caverne non pas comme celle décrite par Platon, une sorte de cachot allégorique, mais plutôt comme un sanctuaire. L’ampoule électrique solitaire et le diorama autoréférentiel présents dans l’œuvre renvoient aux éclairs de génie nés de la solitude. Tout comme dans le chef d’œuvre de Courbet L’atelier du peintre. Allégorie réelle déterminant une phase de sept années de ma vie artistique et morale, le temps a été comprimé. Un ensemble pêle-mêle d’objets appartenant à Hughes révèle son monde privé, allant des dessins faits par ses enfants (gribouillés sur l’œuvre elle-même) à la bière Miller High Life à côté de son chevalet, qui, pourrait-on présumer, l’aide à passer à travers l’hiver à Winnipeg. L’esprit vagabonde entre L’atelier rouge de Matisse, les peintures de cavernes de Courbet ainsi que les dégradés de couleurs savamment étudiés d’Albers jusqu’à ce que, porté par cet enchantement, il en oublie le prosaïsme du studio.

La magie créée par Hughes se poursuit dans l’exposition et se retrouve au sein des deux grands triptyques. Dans Yearboats, Hughes a découpé des photos d’enfants de leurs albums de finissants et les a insérées dans un océan d’icebergs, le plus important de ces derniers faisant référence à l’œuvre d’Arnold Böcklin intitulée Isle of the Dead. Des chaloupes remplies de jeunes équipes de volleyball en pleine forme évoquent exactement ce qu’elles ne sont pas : des réfugiés en péril, dans un contexte d’hostilité envers les immigrants, de nationalisme et d’immigration massive.

Dans The Blue Canadian Rockies, des montagnes de toutes les formes et toutes les tailles compétitionnent entre elles. Hughes crée un inventaire ahurissant de sommets, tous présentés sur un même pied d’égalité: l’Everest, l’Himalaya ainsi que les sommets enneigés de Lawren Harris. Seule la lune solitaire du triptyque, distante et sereine, évoque de nouvelles conquêtes au-delà de la Terre, à l’époque où les Elon Musk de ce monde proposent de nouvelles aventures spatiales.  

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