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Michel de Broin La conduite des conduites

Oeuvres de l'exposition

La Galerie Division est heureuse de présenter La conduite des conduites de l’artiste montréalais Michel de Broin. Dans cette exposition solo, de Broin propose un jeu entre le modelage de conduites (les comportements des objets et des corps) et les systèmes de canalisation des affects, des flux et de l’énergie. Utilisant des objets communs - du mobilier, des tuyaux, des brides et des ampoules - l’artiste représente des systèmes techniques et leurs fonctions attendues en introduisant des anomalies. Il met en oeuvre des stratégies de déformation, d’éclatement et de trouées qui chacune remodèlent les affects dans des objets esthétiques ambigus, que le regard cherche à dénouer. Les courbes et sinuosités des conduites mettent en tension une dynamique de circulation et des phénomènes de résistance ou de dissipation. Troublant les attentes des systèmes industriels et leur promesse d’efficacité, d’optimisation et d’innovation, les propositions esthétiques de l’artiste imaginent une technique très différente de celle que nous côtoyons dans notre vie quotidienne. Les oeuvres ouvrent des béances dans le monde comme autant de failles et d’espaces libérés de cette causalité qui détermine notre relation à la technique.

Syndrome (2018), grand tuyau de métal replié sur lui-même, bouleverse le comportement normal d’un oléoduc. La contorsion du tuyau provoque des gonflements évoquant un organe, comme un lointain rappel des origines organiques du pétrole. Ses courbes sensuelles rappelant la Vénus de Willendorf invitent à l’introspection de notre inconscient technologique.

La série Crépuscule (2018) explore la tension entre ordre et imprévisibilité. La symbolique des lumières associée à la raison se voit ici vaincue, alors que le crépuscule des idées semble succéder à l’illumination. La rigidité formelle de l’alignement ordonné d’ampoules est fracassée par l’inquiétude d’une technique qui travaille à sa propre défaite, à son délabrement. Persiste néanmoins la poésie de la ruine technique.

Quant à Anomalie (2018), l’oeuvre se compose d’une série de quatre canalisations de cuivre qui semblent prendre leur source sous terre et qui se tiennent debout tels des êtres vivants. Les Anomalie s’entortillent sur elles-mêmes comme des organes, formant des nœuds tumescents. Cette résistance leur confère une présence ambiguë, celle de l'énergie qui se maintient et se retient, suspendue pour un temps avant de finalement se disperser. 

Universal Plug and Play (2018) est inspiré par le protocole réseau du même nom qui permet à des périphériques de s'accoupler aisément. Ici, la poésie des infrastructures est présentée comme la possibilité concrète donnée aux conduites de formes et d’apparences différentes de se connecter mutuellement.

Enfin, Tube (2018) est une image de synthèse qui présente une conduite confortablement installée dans un fauteuil de bureau de style exécutif. Assis et enroulé sur lui-même, le tube ouvert à ses extrémités brouille la distinction entre l’intérieur et l’extérieur.

Sous les apparences d’objets techniques prennent forme des corps sensibles. Alors que nous attendons qu’ils fonctionnent et produisent, les assemblages imprévisibles excèdent le monde des choses à la recherche de nouvelles configurations sensibles.

Depuis plus de 25 ans, Michel de Broin, titulaire d’une maîtrise en arts visuels de l’UQÀM, développe une pratique transdisciplinaire axée sur la production de sculptures, de vidéos, de photographies et de performances. Il est récipiendaire du Prix Sobey 2007, du Prix Reconnaissance de l'UQÀM (Montréal, 2006), du Prix Graff (Montréal, 2006) et du Prix Pierre-Ayot (Montréal, 2002). Boursier de la Fondation Harpo (Los Angeles, 2010) et de la Fondation Krasner-Pollock (New York, 1999), il a gagné le premier prix du concours d’art public Marie-Elisabeth-Lüders-Haus (Berlin, 2011). Il a notamment présenté son travail au Musée des beaux-arts du Canada (Ottawa), au Musée d’art contemporain de Montréal, au Musée national des beaux-arts du Québec, au Musée d’art contemporain Val-de-Marne (France), au Plug In Institute of Contemporary Art (Winnipeg), à la Villa Merkel (Esslingen, Allemagne), au Musée Tinguely (Bâle, Suisse), au Contemporary Arts Center (Cincinnati, OH, États-Unis), au MassMoCA (North Adams, MA, États-Unis), au centre d’art Villa Arson (Nice, France), à Eyebeam (New York, États-Unis), à la Berlinische Galerie (Berlin, Allemagne) et au Hessel Museum of Art (Annandale-on-Hudson, NY, États-Unis).

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