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Myriam Dion Fragments

Oeuvres de l'exposition

La Galerie Division est fière de présenter pour la seconde fois le travail de l’artiste montréalaise Myriam Dion.

D’abord caractérisées par leur médium, soit le papier journal, ses œuvres se rassemblent également sous le dénominateur commun de l’actualité, présentée sous un nouvel angle par le biais de ces dentelles minutieusement confectionnées. Pour FRAGMENTS, c’est la profusion d’articles couvrant le conflit syrien et la crise des migrants qui a eu raison du sujet exploité.

Dans FRAGMENTS, les fines découpes se devaient de pouvoir supporter l’aura tragique émanant d’un tel enjeu politique. Les images médiatiques frappantes du conflit politique sont donc rassemblées sous forme de tapis, reprenant les motifs décorant les tapis syriens traditionnels. Les œuvres de Myriam Dion intègrent non seulement ces motifs, mais également la manière dont les tapis sont assemblés, soit par la mise en commun de plusieurs bandes tissées individuellement. Entiers au départ, l’artiste les a par la suite altérés, leur enlevant certains fragments pour en faire des tapis usés par le temps. Elle fait ainsi référence aux véritables tapis anciens collectionnés de par le monde pour leur valeur inestimable et parfois découpés pour être vendus à plusieurs. Le tapis évoque aussi la place prépondérante du savoir-faire manuel traditionnel dans le travail de Dion, qui valorise le geste et le temps nécessaire à son exercice. Cette temporalité étirée se reflète dans l’activité de l’observateur dont l’appréciation se voit ralentie : le passage rapide du regard sur les lignes de l’actualité est freiné par les mosaïques de papier patiemment découpées.

Cette incomplétude et décomposition des tapis de papier rappellent sans contredit les pertes causées par le conflit syrien, notamment l’anéantissement de monuments et de biens culturels qui ont un apport historique pour l’humanité en entier. L’œuvre Façade de recueillement, qui représente la Grande Mosquée d’Alep, force non seulement l’observateur à se questionner sur le conflit, mais aussi à se positionner lui-même sur les enjeux l’entourant. En passant à travers ce fin voile de papier reprenant les ornements de la façade de cette mosquée atteinte par les bombardements et pillée, les impacts du conflit nous rattrapent. Aussi esthétiques, fragiles et délicats soient devenus ces pans de papier, la lourde charge de leur contenu politique demeure et se fait sentir.

Myriam Dion vit et travaille à Montréal. Ses œuvres ont fait partie de plusieurs expositions individuelles et collectives, dont Étiolements à l’Oeil de Poisson, Québec (2017), Accessoires décoratifs à Arprim, Montréal (2016), ainsi qu’à plusieurs foires dont Papier. Son travail fait partie de plusieurs collections dont celles du Musée national des beaux-arts du Québec, de Loto-Québec, du Cirque du Soleil, de la Banque TD, de la Collection des arts visuels des Affaires mondiales du Canada.

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